Moncler & le pingouin foncé

Le fabriquant de doudoune va-t-il y laisser des plumes?

vendredi 22 juillet 2016, par

Alors que la question raciale reste d’actualité, aux Etats-unis comme en France, la marque Moncler, connue pour ses manteaux et ses nombreuses collaborations réussies, notamment avec le créateur Thom Browne ou les marques japonaises Sacai et White Mountaineering s’est embourbée dans une polémique dont on se serait bien passé. C’est en octobre dernier que la société franco-italienne inaugurait l’ouverture d’un flagship store à Tokyo, dans le quartier de Ginza. L’occasion pour elle d’y lancer en exclusivité sa collection automne-hiver 2016/2017, en partenariat avec le duo d’artistes américains FRIENDSWITHYOU. Ils déclinent leur esthétique néo-pop art à travers une galerie de personnages cartoonesques sur des t-shirts, des sweatshirts en passant par les incontournables doudounes et parmi eux figure un pingouin nommé Malfi à l’apparence assez singulière : le visage noir, des gros yeux et une bouche bien rouge, ce qui rappelle étrangement le minstrel, une caricature de l’afro-américain visible dans des spectacles itinérants du 19e siècle jusqu’aux années 60.

Si au Japon, la collection n’a pas fait de vague, son lancement international, début juillet, a suscité en revanche un tollé sur la toile.

Visiblement surpris par la tournure des événements, Moncler a présenté des excuses publiques. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à distribuer la collection concernée.

Reconnaître le caractère offensant de ses produits et continuer à les vendre, c’est aujourd’hui le paradoxe du bad buzz dont Moncler semble se satisfaire.

Si l’industrie de la mode est coutumière de ces controverses, on ne peut s’empêcher de constater que sa capacité à bousculer les normes se transforme parfois en cynisme sans borne, une triste habitude qui confinerait presque à l’indifférence. Il serait temps que les choses changent.