On a écouté « Dans La Légende » de PNL.

Ce dernier opus assure-t-il une place dans la légende à Ademo et N.O.S. ?

mardi 20 septembre 2016, par

Ah PNL ! Le duo de frangins du 91 est aussi énigmatique que clivant. Les « puristes » les regardent avec dédain tandis que la nouvelle génération ne jure que par eux.

On ne sait d’eux que ce qu’ils  laissent paraître dans leur musique, autrement dit, pas grand chose. On voit leurs visages mais on ne sait pas qui ils sont. Ademo et N.O.S cultivent le mystère et éveillent la curiosité à l’instar de Daft Punk et Mylène Farmer.

D’ailleurs si on devait les présenter à un novice du rap, la comparaison avec Mylène Farmer serait sûrement la plus juste. Tout comme elle, ils ont une certaine appétence pour les nappes de synthé planantes, les voix noyées dans la réverbe et les paroles difficilement déchiffrables (« J’sors des mots de merde et tu m’paye paye paye paye paye »).

Mais à l’image de la pop star française, ils peuvent compter sur une fan base extrêmement fidèle et solide, en attestent les 3 millions de vues sur YouTube dépassées en 24h sur le clip du morceau « Naha ».

Il était donc prévisible que leur nouvel opus, « Dans La Légende« , rencontre un succès similaire à « Le Monde Chico« . Cet album est la suite logique du précédent d’un point de vue de la production. En fait, ils ont mis la barre encore plus haut. Les instrus sont plus léchées, plus travaillées (écoutez « Mira », une pure merveille). Ils s’essaient même au reggaeton sur le morceau « Bené ». Mais globalement, l’atmosphère est toujours aussi spatiale et sombre. Imaginez un clash entre les univers de « Interstellar » et « La Haine ».

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Niveau lyrics, cependant, il n’y a pas de changement : des onomatopées à la pelle, une vision fataliste du monde qui les entoure et de leur destin, aucune embellie du quotidien, une mélancolie palpable, à croire qu’ils sont totalement anesthésiés face à leur succès. Le résultat est donc assez redondant. Une chose est claire, on n’écoute pas PNL pour leurs textes. Non, là où ils excellent c’est dans leur capacité à générer des mélodies toutes aussi déconcertantes les unes que les autres. C’est là où se trouve leur réelle plus-value. Le refrain du morceau « Dans La Légende » est un parfait exemple.

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Avec 18 morceaux, on peut regretter que l’album soit un poil trop long et certains morceaux comme « Luz De Luna » auraient très bien pu passer à la trappe. L’album devient fatigant à la longue et au bout d’un moment on a l’impression d’écouter le même morceau en boucle. Dommage.

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Le challenge à venir pour PNL est de savoir s’ils réussiront à se renouveler pour éviter d’ennuyer l’auditeur.

On peut également se demander ce que donnera cet album en live. Avec la bonne direction artistique, ils pourraient créer une expérience incroyable, comme l’avait fait (TOUTES PROPORTIONS GARDÉES) Kanye West sur le « Glow In The Dark Tour ». Ou alors ils se contenteront d’enchaîner les morceaux sans réelle mise en scène et le public se fera chier à mourir…

Alors voilà, si vous n’aimiez pas PNL avant cet album, votre avis ne changera sûrement pas après l’avoir écouté. Idem si vous étiez conquis par Ademo et N.O.S.

Quant à leur place dans la légende, soyons clairs, elle est vraiment loin d’être acquise.


Crédits photo : The Fader