On a écouté : Kendrick Lamar – « DAMN. »

Avec DAMN., Kendrick s’est définitivement assuré une place au Panthéon du rap.

lundi 24 avril 2017, par

Oui je sais, DAMN. est sorti il y a un peu plus d’une semaine et tout ce qui dépasse les 24h sur internet est considéré comme obsolète.

Mais cet album est si dense et complexe qu’il m’a fallu du temps pour le digérer. D’ailleurs ce n’est pas totalement fait, mais assez pour pouvoir m’être fait une opinion sur le contenu de la nouvelle bombe de Kung Fu Kenny.

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Si je devais définir cet album en un mot, ce serait émotions. Elles sont omniprésentes à travers l’album et Kendrick réussit à les retranscrire sous forme de prose à la perfection.

good kid, m.A.A.d city était un condensé de l’adolescence tumultueuse du MC de Compton et To Pimp A Butterfly, un état des lieux de la situation des noirs dans l’Amérique actuelle.

Sur DAMN., Kendrick nous livre une analyse pleine de sang froid sur son rapport au succès, à la célébrité et à l’impact que tout cela a sur sa vie privée. On perçoit même une réelle prise de conscience de son statut au sein du rap game : on ne l’a en effet jamais autant entendu se définir comme le meilleur rappeur actuel.

Cet album est sans doute son projet le plus direct (tant au niveau des beats que des lyrics) mais il n’en reste pas moins complexe. On découvre un Kendrick Lamar humain avec toutes les contradictions que cela comporte et ça se ressent naturellement au sein de la direction artistique. D’ailleurs, lorsqu’on regarde la tracklist de l’album, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec les émotions que tout un chacun peut ressentir au cours de sa vie.

On retrouve donc un Kendrick agressif et tout en égotrip sur les morceaux DNA., ELEMENT. et HUMBLE.. Des performances incroyables qui prouvent que K Dot est au top de sa forme et qu’il est sans aucun doute le meilleur rappeur à l’heure actuelle. Il est même légitime de le comparer aux légendes du game que sont Jay-Z, Eminem, Biggie, Tupac et Nas.

Mais DAMN. c’est également des morceaux plus introspectifs comme YAH. sur lequel il décrit son rapport à la religion. On retrouve même des hits potentiels comme les excellents LOYALTY. (Ft Rihanna) et LOVE. (ft Zacari).

L’album se conclut de façon magistrale avec DUCKWORTH., morceau sur lequel Kendrick fait étalage de tout son talent de storyteller. Il raconte la façon dont Anthony « Top Dawg » Tiffith (son producteur) a rencontré son père, Ducky, lorsqu’il n’était qu’un jeune enfant. L’ingéniosité de son écriture amène l’auditeur à faire un lien avec la fin de son couplet et l’intro de l’album. On en vient du coup à se demander si le début n’est pas en réalité la fin…

Je vous l’avais dit, cet album est complexe.